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Nous devons parler haut
par Henri Gracies le 23-04-1999 à 02:55
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Nous devons briser ce diktat de silence auto-imposé, comme une dignité professionnelle ou une nécessité déontologique. Notre avis est autorisé : la médecine c'est nous. C'est une prise de position politique, sociale et économique. Ce n'est pas déroger qu'évoquer les enseignements de notre expérience quotidienne. Si nous ne nous exprimons pas rapidement, il est a craindre que nous ne soyons plus avant fort longtemps en mesure de le faire.

L'ordre des facteurs a été inversé. "La médecine dispense des soins et dispose, la santé publique est un outil et l'économie un moyen" est devenu : "La santé publique régit un système de soins, la médecine est son outil, et l'économie dispose."

C'est une perversion profonde. La désinformation est telle que cette seconde proposition est créditée par la majorité de nos patients. Des praticiens même défendent cette thèse. Pour d'autres, murés dans un exercice conférant encore l'illusion de notabilité dont ils sont les seuls jouets, le danger reste lointain ou hypothétique. Il semble essentiel que les médecins reprennent la médecine en main afin de l'offrir en partage. Une technocratie, arguant de données, d'interprétation discutable, issues de sciences fondamentales, n'est pas à même de gérer la relation médecin-malade.