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L'année des portails
par Henri Gracies le 02-08-2000 à 23:02
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L'an 2000 marquera-t-il l'avènement des grands portails de santé ?

Forts de l'expérience américaine, où le secteur Internet de santé est le second domaine économique de la Toile après l'industrie du sexe, plusieurs sites-portail luttent depuis peu pour la reconnaissance médiatique sur cet espace en devenir. Cette compétition, régulièrement entretenue par d'importantes injections de capitaux, permet la multiplication rapide de pages Web générées sur des systèmes automatisés (asp, php,…).

Mais la conquête du PIM (Paysage Internet Médical) francophone n'est pas un exercice de tout repos. Sur ce terrain, quasiment abandonné par le RSS qui semble aujourd'hui se cantonner à la mission déjà lourde de la mise en place du système SESAM Vitale, sont déjà installés depuis plusieurs années, et parfois fort solidement, les sites des hôpitaux, cliniques, associations, journaux et de multiples sites personnels.

Les écueils potentiels sont légion.

La cible reste mal individualisée. Le secteur professionnel, aisément identifiable est certainement un objectif de choix ; sa reconnaissance confère une image de marque attestant le sérieux d'une entreprise Internet "Médecine & Santé", mais il reste cruellement limité, les visites du grand public demeurant l'unique alternative à même de générer le nombre considérable de connexions nécessaire à la survie financière.

Le contenu, ainsi mal défini par une ligne éditoriale indistincte, est encore grevé par des droits d'auteur généralement inférieurs à ceux consentis aux rédacteurs par la presse papier, sans compter l'inertie inhérente à un fonctionnement engageant de multiples acteurs, peu compatible avec l'instantanéité offerte par le réseau mondial.

Le financement reste en définitive le principal obstacle. En dépit des tarifs dérisoires proposés, les annonceurs hésitent à favoriser ce nouveau média et les directeurs de marketing comme les centrales de publicité persistent à préférer les supports traditionnels. Les portails apparaissent chaque jour plus éloignés de l'autofinancement et la dynamique du "toujours-plus" semble lasser des investisseurs, déjà échaudés par l'illusion reconnue de nombreuses start-up avortées et la chute du NASDAQ de mars à mai, alors que l'Eldorado annoncé paraît perpétuellement remis au lendemain.