TolĂ©rance et respect pour les assureurs !

Il n’est point de respect sans libertĂ© de s’interroger
vendredi 6 janvier 2006

Des mêmes auteurs

 
Les assureurs sont-ils des animaux Ă  abattre parce qu’ils se protègent contre les alĂ©as des vies de ceux Ă  qui ils prĂŞtent ?

Les rassureurs que nous sommes sont-ils des gens si parfaits, si merveilleusement convenables qu’il faille cliver le monde entre assureurs pervertis et rassureurs intègres ?
Un jour le professeur Beraud avait osĂ© Ă©crire que ce qui faisait la diffĂ©rence en terme d’espĂ©rance de vie impliquait un peu la mĂ©decine, un peu la chirurgie, et beaucoup les conditions de vie. Il suscita une large vague de protestation de tous ceux, ici, qui se torturent l’esprit Ă  savoir si Prescrire 2001 a donnĂ© deux toques Ă  la simva et une Ă  la torva.
Les assureurs, et les prĂŞteurs, parviennent Ă  faire accĂ©der Ă  la propriĂ©tĂ© tous ceux et celles qui n’en auraient pas eus les moyens ni dans l’immĂ©diat, ni dans leur futur. Les rassureurs, et les menteurs, ramènent Ă  penser que la pharmacopĂ©e va rĂ©soudre les problèmes de diabète, de dĂ©pression et de surpression artĂ©rielle. Je ne trouverai rien Ă  redire Ă  ce que demain un banquier normotendu, non dyslipĂ©mique et bien dans sa peau Ă©crive dans ses forums : "j’emmerdre les mĂ©decins". J’invite tout le monde Ă  se pencher sur le numĂ©ro de novembre 2005 de "Sciences Humaines" consacrĂ© Ă  la disparition de la SociĂ©tĂ©. Il y est rappelĂ© que Maggie Thatcher, avant la chute de son MMS avait Ă©crit : "there is no such thing as society, there are men, women and families".

Il n’y a plus de culture universelle

Il n’y a plus de culture universelle, il y a des flux d’idĂ©es, de contre-idĂ©es, il n’y a plus de hiĂ©rarchies, il y a des tendances. Il faut cesser de voir le monde avec les gentils mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, les mĂ©chants spĂ©cialistes, les bons mĂ©dicaments et les molĂ©cules toxiques, l’assurance publique solidaire et l’assurance privĂ©e dĂ©vastatrice.
Le film "The Constant Gardener" explore fort bien, et de façon très manichĂ©enne, le fossĂ© entre les mĂ©chants laboratoires et la bontĂ© mĂŞme des prudes et des rĂ©voltĂ©s. Il dĂ©crit un continent avant tout engluĂ© dans le dĂ©sordre, la saletĂ© et la non Ă©rudition. Faire avaler, Ă  ceux qui vont mourir de toute façon, des pilules indigestes, semble excusable aux yeux des "assureurs" du monde de Le CarrĂ©. Une belle brunette, enceinte jusqu’aux couilles (de son courage inĂ©galable) va faire, au pĂ©ril de sa vie, front contre la cupiditĂ©, la manigance et le complot. Sur l’autre rive, les ministres corrompus, les laboratoires impies et la corruption des salauds vont accomplir encore un peu de leur oeuvre.
Il est effectivement utile de se demander si les africains ont reellement besoin de molĂ©cules innovantes, ou d’adductions d’eau. Nous sommes, nous mĂ©decins, tout Ă  fait honorables de ne pas nous rendre complices des premières, mais nous devons rester humbles devant la chimie de l’ H2O, qui a surtout besoin de prĂŞteurs plus que de bretteurs rhĂ©toriques. Vive "Prescrire" mais vive aussi "Irriguer".
Vive les assureurs, vive les prĂŞts bancaires. Je le dis ici car mon ordinateur n’est pas encore amorti !


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