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Analyser, diagnostiquer et prévenir le BURN OUT SYNDROME

26 avril 2006, 23:53, par DR ISABELE GAUTIER

VOUS AVEZ RAISON ! je peux aussi parler de l’idéal du moi et du moi idéal, mais ...
Du travail-Roi au travail-Tyran, le syndrome d’épuisement évolue comme une passion déçue, de l’enthousiasme aveugle à l’épuisement amer.
Trop d’investissements ou pas assez, les excès de tous ordres peuvent engendrer des réactions de détresse pour le salarié et des effets contre-productifs pour l’entreprise.

Des croche-pieds névrotiques, tels une culpabilité refoulée peuvent parfois pousser à rechercher un travail persécuteur. D’autres moteurs inconscients poussent à déplacer et concentrer dans le travail une grande partie de ses énergies pulsionnelles.
L’hyperinvestissement relève aussi d’ambigüités internes fondamentales. Par exemple, le refus de la réussite et la recherche de l’échec ont des conséquences identiques mais obéissent des processus différents.

Les contradictions explosives :
Le candidat au BOS est souvent un perfectionnisme, ou un idéaliste qui se coince dans discordances profondes entre les aspirations professionnelles et les possibilités de réalisations. Les personnalités passionnées, inventives, celles ayant des caractères exigeants sont plus sensibles au risque d’investissement professionnel massif.
La « maladie de l’idéalité », l’obligation, le besoin de la perfection ou de la réussite ont leurs ses racines bien enfouies dans la construction narcissique et identitaire.

La panoplie qui œuvre à l’insu du parfait BOSseur est vaste :
Les moteurs de cet accomplissement professionnel s’originent dans différents champs psychiques :
moral,
intellectuel,
affectif,
émotif

Dans l’affaire ENRON les auditeurs ont été confrontés à un dilemme moral, pris en tenaille entre leur indépendance professionnelle, les enjeux de l’entreprise et leur éthique personnelle. Pour d’autres, le travail véhicule la jouissance de la performance intellectuelle ou sportive, comme pour les athlètes de haut nivaux.
Le challenge relationnel force les barrières de la timidité, du besoin de reconnaissance, de la nécessité d’être rassurer affectivement : être le plus sympa, le plus dévoué pour être le mieux aimé.
Enfin l’oubli par le travail est un remède courtisé pour contrôler les émotions trop fortes ou douloureuses, ne plus a voir le temps de penser à des drames de la vie, à des peurs de soi ou des autres, à des fragilités narcissiques plus ou moins œdipiennes.

QUELQUES SIGNES D’ALERTE :

La forme habituelle du syndrome d’épuisement correspond , après une phase d’excitation jubilatoire à une profonde fatigue avec désintérêt global, hormis l’obnubilation professionnelle et des cauchemars fixés sur le travail. Dans sa forme la plus sévère, il est vraisemblablement rare.
L’allure « pseudo-dépressive » du Burn Out diffère de l’état dépressif par la focalisation professionnelle intense associée au refus d’admettre et de parler de la situation. ; Le rôle des médecins du travail est très important pour différencier burn out syndrome et dépressions
Les signaux d’appel : des problèmes psychologiques, les troubles du sommeil, l’irritabilité et les colères, le renferment maussade pèsent sur la famille et les amis qui incitent à consulter.

 Des indicateurs physiques : surveiller son tour de taille, sa tension, sa glycémie et son cholestérol prévient les risques du syndrome métabolique et des accidents cardiovasculaires.

 Les conduites addictives tentent de juguler le stress et majorent les oublis, étourderies, erreurs, accidents, toute la panoplie cognitive des actes manqués à répétition, plus ou moins graves.
 Négliger ces clignotants peut conduire au sabordage professionnel voire exceptionnellement à une rupture mélancolique.
 Les capacités de récupération intellectuelles et émotives sont lentes et peuvent laisser des traces : peur de soi, perte d’estime perte de confiance en l’équipe, et échecs à répétition.

Pour la clinique, les diagnostics différentiels...et ce le concept que l’on peut nommer "la dyscognitivophobie", rendez-vous au prochain numéro pour ceux qui ont eu l’amabilité de s’interresser à ce travail , confraternellement
Dr isabelle GAUTIER ; psychiatre psychanalyste Paris. isgautier@free.fr

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