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Société

Alléger le coût du travail, créer du dynamisme, vaincre chÎmage, pauvreté et trou abyssal...

Une structure socio-économique alternative

dimanche 28 mai 2006, par Jacques Delpuget

Le financement actuel des charges sociales, qui écrase sauvagement un emploi moribond, handicape chaque jour davantage notre pays.

Pourtant, tout au long des trente glorieuses, période de reconstruction et de plein emploi, la nouvelle Sécu et notre système de soin, ont apporté égalité et efficacité face à la maladie, et étaient enviés de tous. Le financement fondé sur la solidarité entre citoyens, par une contribution des salaires, semblait parfait. Mais dès que se sont mondialisés les échanges commerciaux, cet acte de cohésion, se répercutant sur les coûts de production, est devenu un frein. Le travail, portant le social, donne à nos produits la particularité d’inclure dans leur prix une part de notre solidarité. Sur le marché hexagonal, nos prix trop élevés sont pénalisés par rapport à la concurrence étrangère dépourvue de cette entrave. Même handicap au niveau des marchés étrangers, où s’imposer est un problème. Curieusement, le centrafricain qui achète un produit français à Bangui collabore à la cohésion de notre nation !

Le commerce bridé, et d’autres modifications socio-économiques, sont à l’origine du chômage et de la pauvreté, et excluent d’une vie décente une partie de la société. Pendant ce temps, la population s’accroît, vieillit, et l’amplification humainement et techniquement inéluctable de l’activité médicale, alourdit des charges sociales aussi insuffisantes que considérables. Ce financement devient très lourd à porter. Seul le travail au noir y trouve avantage. Le salarié dont le revenu est amputé de cotisations voit son pouvoir d’achat diminué, ses conditions de travail se dégrader et vit souvent dans la crainte du chômage. Pour l’employeur, le coût de production est un obstacle à l’embauche, à la compétitivité, et à l’existence même de l’entreprise ; il laisse du terrain à la concurrence étrangère et favorise les délocalisations. La perte progressive de la capacité de produire induit des cercles vicieux quasi insurmontables et les citoyens perçoivent un vent de déclin.

Et, pendant plus d’un quart de siècle, chômage et déficit social s’intriquent dans une synergie d’échec, et créent les priorités de gouvernements successifs, soldées de résultats fragiles.

Le problème est connu

Le problème est connu. Alors pourquoi continuer de financer des dépenses sociales inévitablement expansives, sur le dos d’un emploi de plus en plus mal en point ? La charge la plus lourde de l’Etat est portée par son secteur le plus déficient : un problème de structure qui nous prive de développement et de compétitivité.

Partant de ce constat, certains de nos voisins européens ont réussi à diminuer de moitié et à stabiliser leur taux de chômage, tout en équilibrant leurs finances grâce à de judicieuses réformes fiscales, associées à des mesures de flexibilité et d’accompagnement. En voici quelques idées directrices. D’abord la nécessité de stimuler la production qui est source d’emploi. Ensuite celle d’admettre que les accidents du Travail et l’Assurance vieillesse, par nature liés à la production, continuent à être financés par elle. En revanche, les autres charges sociales importantes, comme l’Assurance maladie et les allocations familiales qui correspondent à un choix de société, de cohésion nationale, ne doivent plus handicaper le prix du travail, et sont transférées sur le vaste secteur de la consommation sous forme d’une nouvelle taxe, une TVA sociale affectant tous les produits achetés sur le territoire. Elle s’ajoute à la TVA classique ; une opération conforme aux règles communautaires, dont la seule exigence est un taux global supérieur à 15 %. L’expérience montre, et c’est inattendu, que cette taxe sur la consommation n’est pas inflationniste, car l’influence prépondérante de l’allègement du coût de production diminue les prix et avantage le pouvoir d’achat ! Les produits exportés deviennent très compétitifs, d’autant plus, qu’ils ne sont pas touchés par cette taxe ciblant la consommation. A l’inverse, les produits importés de l’étranger, assujettis à la TVA sociale, sont moins concurrentiels sur notre territoire.

Voilà une réforme fiscale intéressante à évaluer et qui paraît correspondre à la situation du pays. Sans toucher au Code du travail, elle libère l’emploi de son lourd fardeau social et le transfère sur la consommation afin de convertir des cercles vicieux accablants en enchaînements productifs.

En effet, le coût du travail très allégé favorise l’emploi, les salaires, le pouvoir d’achat, la productivité, la compétitivité, les créations d’entreprises, il réduit les délocalisations et retient les actifs. Ce dynamisme économique, fait de la consommation une assise plus conforme à l’importance comme à la nature des charges de solidarité, où notre système de santé recouvre sa place, loin des berges fragiles d’un trou abyssal qui ne devient qu’un mauvais souvenir.

Messages

  • Les économistes sont partagés sur l’efficacité réelle de la baisse des charges pour créer des emplois. Aucune étude concluante n’a pu être présentée par les tenants de la baisse des charges, en dehors de calculs théoriques à partir d’hypothèses biaisées (il suffit de choisir les paramètres permettant d’obtenir le résultat déterminé par avance).

    Une autre solution est de développer l’emploi public, à ne pas confondre avec les différentes fonctions publiques : beaucoup d’emplois du secteur public sont des emplois de droit privé.

    Vu sur le site
    http://www.actuchomage.org

    Le modèle danois : beaucoup d’emplois publics (36,9%)

    L’emploi public représente 36,9 % des emplois (63,1 % pour le privé) au Danemark et seulement 19,4 % des emplois en France (80,6 % pour le privé).

    Le Danemark est souvent cité en exemple : moins de chômage qu’en France, flexibilité, sécurité ... vous connaissez le discours, qui doit pourtant être fortement nuancé et replacé dans le contexte de la société danoise.

    Mais le grand public ignore un aspect essentiel de la question sociale, trompé par les idolâtres du "marché" et de sa "main invisible". L’emploi public est beaucoup plus développé au Danemark qu’en France, près du double en proportion de la population.

    L’emploi public danois compte pour 36,9 % dans l’emploi total, tandis que l’emploi public français se limite à 19,36 % de l’emploi total. La proportion d’emploi public est donc supérieure de 91 % au Danemark comparé à la France (36,90 / 19,36).

    Au Danemark (2004), pour un emploi total de 2 507 000, l’emploi privé est de 1 582 000 (63,10 %) et l’emploi public de 925 000 (36,90 %).

    En France (2004), pour un emploi total de 24 720 000, l’emploi privé est de 19 933 000 (80,64 %) et l’emploi public de 4 787 000 (19,36 %). L’emploi privé comprend 17 265 000 salariés et 2 668 000 patrons ou indépendants.

    Si l’on veut de rapprocher des performances du Danemark pour la proportion d’emplois publics dans l’emploi total, augmentons par exemple de trois millions le nombre d’emplois publics. Car les besoins sont immenses : dans la santé et en particulier la prévention, dans la petite enfance, dans l’éducation et la formation des jeunes et des adultes, dans l’aide structurée et publique aux personnes âgées ...

    Avec trois millions d’emplois publics en plus, l’emploi public atteindrait 7 787 000 emplois, soit 28,09 % de l’emploi total (devenu 27 720 000) et nous serions encore loin de la proportion danoise de 36,9 % d’emplois publics.

    Par la même occasion, une bonne partie des nouveaux emplois publics pourrait être consacrée à une forte réduction du temps de travail, juste récompense des importants gains de productivité des années passées, pour ramener la durée réelle (pas seulement légale) à 28 ou 30 heures par semaine.

    Voir plus de détails, avec tableaux statistiques, à cette adresse :

    http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_emploi_public.htm

    (le texte complet peut être imprimé ... ).

    Voir en ligne : Le modèle danois : beaucoup d’emplois publics (36,9%)

  • Vu sur le site
    http://www.actuchomage.org

    Danemark et chômage : le modèle danois n’a aucun mérite

    En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d’un taux officiel de 6,38 %. La tromperie est dévoilée.
    Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n’aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l’essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.

    Si de plus la France avait eu recours à la même proportion de préretraites que le Danemark (6,78 % de sa population active), le chômage réel aurait entièrement disparu et beaucoup d’emplois à temps partiel seraient redevenus des emplois à temps plein.
    Inversement, si la population active du Danemark avait augmenté dans la même proportion qu’en France (+12,1%), tout en créant aussi peu d’emplois (43 600 en quinze ans), le nombre de chômeurs aurait augmenté de 372 500 et le taux de chômage réel serait devenu 24,0 % de la nouvelle population active (après son augmentation).

    Comme l’on voit, le succès apparent du Danemark ne doit rien à la flexicurité, mélange de flexibilité et de sécurité (discours bien connu). En fait, le modèle danois n’a aucun mérite pour résoudre le problème du chômage, une fois enlevés les artifices qui cachent le chômage réel et encore moins en tenant compte de la démographie de l’emploi.


    Au Danemark en 2004, pour un nombre officiel de 176 400 chômeurs, 268 300 personnes étaient enregistrées dans les "mesures de marché du travail" (labour market policy measures), des préretraites pour l’essentiel.. Le chômage réel était donc de 444 700 personnes.
    La population active étant de 2 766 300 personnes, le taux de chômage officiel était de 6,38 %. Mais, en réintégrant les 268 300 faux inactifs (préretraités ...) dans la population active, celle-ci devenait 3 034 600 personnes et le taux de chômage réel 14,65 %. Ce taux est un minimum, car ne prenant pas en compte les "invalides" pour raisons sociales.

    En France en 2005, pour 2 420 000 chômeurs au sens de l’Anpe (catégorie Defm 1) et 2 717 000 chômeurs au sens de l’Insee, le nombre réel de chômeurs en équivalent temps plein était de 4 092 000, soit un taux de chômage réel de 14,53 % (compte tenu de la correction sur la population active) . Pour rester comparable aux données danoises, l’équivalent en chômage des emplois à temps partiel n’est pas pris en compte ici.
    Voir l’article "Chômage officiel et chômage réel (2005)" sur le même site http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel2005.htm.


    Le modèle français est le plus honnête en matière de chômage, ou le moins habile pour en cacher l’étendue, comparé au modèle danois, anglais ou hollandais. Le recours aux préretraites massives est utilisé au Danemark, l’invalidité pour raisons sociales (sans réelle invalidité médicale) est la mesure principale en Angleterre (Royaume-Uni) et aux Pays Bas, ce qui n’empêche pas l’utilisation d’autres mesures pour cacher l’importance du chômage. Dans ces trois pays, le chômage réel est de deux à trois fois plus important que le chômage officiel et se trouve comparable au chômage réel en France.


    Enfin, le Danemark produit et exporte du pétrole et du gaz, ce qui arrange beaucoup les finances publiques et permet de payer un nombre considérable de préretraites pour faire baisser le chômage apparent en diminuant la population active.


    Voir http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm

    pour un document trés complet et de grande qualité, avec des tableaux statistiques et les sources utilisées. D’autres aspects y sont aussi abordés : indemnités de chômage, coût du travail, durée effective du travail.

    > En effet, cela vaut vraiment la peine d’aller voir le document original car tout est bien expliqué avec des informations sérieuses et issues des sources officielles (citées). Le texte peut être imprimé avec tous les traitements de texte (rtf)
    .

    Voir en ligne : Danemark et chômage : le modèle danois n’a aucun mérite

  • Vu sur le site
    http://www.actuchomage.org

    Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage

    Au lieu de réduire la durée du travail, comme dans les années 1970, les gains de productivité du travail ont conduit à un chômage très important, parfois caché en mettant plus de la moitié des chômeurs en invalidité (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Danemark).

    Les gains de productivité permettraient de réduire à quelques heures par semaine le travail nécessaire pour bien vivre, à condition de changer de modèle de société et de supprimer toutes les productions inutiles (par ailleurs nuisibles à l’avenir de la planète, donc au notre et à celui de nos enfants).

    Voir cet article :
    Gains de productivité du travail - 1997-2003

    http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm

    En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l’ensemble de l’activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d’emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d’emplois entre secteurs d’activité, le nombre d’emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.

    D’autres articles intéressants sur le site

    http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm

    comme "Des mythes autour de l’emploi",
    "Chômage officiel et chômage réel en 2005",
    "Le modèle libéral britannique : emploi et chômage" ....

    Bonnes lectures, cela aide à réfléchir.

    Voir en ligne : Gains de productivité du travail - 1997-2003

  • En faisant la moyenne de tous les emplois à temps plein ou partiel

    Les Français travaillent plus (36,3 heures par semaine)

    que les Américains (33,8 h),

    les Allemands (33,6 h),

    les Espagnols (33,2 h),

    les Anglais (31,7 h),

    les Hollandais (29,2 h)

    d’autres ...

    un article fondé sur les statistiques officielles de chaque pays (citées), à voir sur le site
    http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm

    avec d’autres articles tout aussi documentés.

    Et si le chômage officiel est plus élevé en France, c’est que d’autres pays sont beaucoup plus habiles que nous pour trafiquer les chiffres du chômage.

    Voir en ligne : Durée du travail : apparences et réalité, France et autres pays

  • Bonjour,

    Vous oubliez un truc : que la TVA représente le même montant pour le riche ou le pauvre, et donc un pourcentage du revenu beaucoup plus important pour le pauvre. A quel niveau faudrait-il porter la TVA pour assurer les mêmes rentrées que les cotisations sociales ?

    Si bien sûr on veut garder notre système français...

    Julien

  • Bonjour,

    Je cherchais depuis un moment un article qui abondait dans le sens de ce que je pense depuis longtemps. Tout est exhaustivement mentionné. En effet, alléger le coût du travail aurait donc des répercussions au niveau de la compétitivité des entreprises, de la consommation des ménages, de la motivation des salariés (mieux payés, ils travailleraient nettement mieux et nettement plus)... Une question alors me taraude : "pourquoi ce sujet, l’un des plus importants à mes yeux des gros problèmes rencontrés en France n’est jamais, mais alors jamais mentionnés dans les débats politiques ? A croire que peu de gens se rendent compte qu’il est là le véritable fléau, amputant notre pays." Ma deuxième question est : "que pouvons-nous faire pour réveiller les consciences, que le sujet soit au centre des débats actuels, au lieu de nous préoccuper de tas de "réformettes" ? Notre gouvernement serait-il incompétent ?" Quelles solutions pouvaient vous m’apporter ?
    1) Envoyer cet article par courriel à un maximum de gens ? 2/ En écrire un nouveau plus propaganda et pareil envoi massif de courriel 3/ écrire au Président de la République, aux journalistes...4/ Autres...
    Donnez moi toutes les solutions qui vous viennent, si vous le souhaitez, je me porterais volontaire pour défendre la cause.

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