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Médecin traitant

Licenciement sec

Médecine générale : intermittents médicaux et seconds rÎles

mardi 8 mai 2007, par Bruno Lopez

Cet instit. ne jurait que par moi, il m’appelait "mon docteur" comme on dit "ma femme" ou "mes commissions" ou, parfois, "mon chien".

L’autre lundi, gros coup de fatigue pour moi, des appels comme s’il en pleuvait. Le dimanche, en tondant sa pelouse, il s’était tailladé la cuisse. Le médecin de garde était passé chez lui, et l’avait envoyé aux urgences pour parage et pansement.
Il avait dû y entendre : "Demain, vous ferez passer votre médecin pour refaire le pansement". A l’hôpital, il y a des
beaux docteurs en blanc, fatigués ; normal, il y a toujours la queue. En ville, il n’y a plus que des bouseux qui n’ont que ça à foutre, enfiler les visites.
Alors quand sa femme m’a appelé ce beau lundi matin (quand vous savez dès neuf heures que vous n’allez pas bouffer à midi), j’ai expliqué que "pour marquer des compresses, c’ést possible qu’il vienne". Du fait, ils
ont rappelé le docteur qui était venu le dimanche. Un jeune, le nouveau qui fait toutes les gardes du cabinet de groupe qui ne fait plus ses gardes.
Hier, la sécu des instits m’a fait ouvrir son enveloppe. "And the loser is ..." J’étais destitué, plus du tout son médecin traitant.

Mon copain de Paris ressent ça, aussi. Lui qui hésite encore entre les rôles de gros dur au coeur tendre , ou de gros tendre au coeur dur.
On nous fait venir à la cérémonie des césars, dans la catégorie meilleur second rôle,
perchiste et costumier, et on met notre beau noeud papillon de circonstance pour toucher le grand prix d’honnêteté.
Je lui ai conseillé, l’autre jour, de ne plus les ouvrir, les enveloppes du licenciement sec.

Deux choses, parce que je ne suis pas tout seul à la cérémonie...
"je voudrais d’abord dire merci à ma mère qui m’a toujours soutenu pour devenir médecin, même si elle m’avait
dit que spé., ça serait plus pénard. Maman, si tu m’écoutes, ce chagrin est pour toi".
Et ensuite : "il faudrait faire quelque chose pour les intermittents du spectacle".
Enfin, si j’osais, "on fait souvent des sondages sur l’indice de satisfaction des patients, alors j’ai un regret, c’est qu’on fasse jamais
un sondage sur l’indice de satisfaction des médecins. Des fois, on est déçus à 100 %".

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