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Polyclinique ou policlinique, la valeur des mots

samedi 8 septembre 2007

Un médecin a souvent, au cours de sa vie professionnelle, de multiples lieux d’exercice : hôpitaux publics ou privés, centres de santé publics, cliniques ou centres médicaux, cabinets privés, maisons médicales, etc. Cet exercice pourra être, tour à tour ou conjointement, salarié, fonctionnaire ou libéral. Ainsi, il peut être appelé à travailler en établissement de soins, au sein d’une policlinique ou dans le cadre d’une polyclinique. Il ne s’agit pas d’une faute de frappe et la différence est d’importance.
Jacqueline de Romilly. Dans le jardin des mots. Editions de Fallois, Paris 2007. 317 p.
Dans le cadre d’un ouvrage récent [1], réunissant ses chroniques publiées dans Santé Magazine, de septembre 1998 à décembre 2006, sous l’intitulé « Santé de la langue », l’académicienne française Jacqueline de Romilly le souligne. Nous ne saurions trop en conseiller la lecture. Clairement et simplement, elle précise l’étymologie et les chausse-trappes de la langue française avec pour souci premier la juste expression, mère d’une communication adaptée. En quelques phrases, elle éclaire parfaitement le sujet qui nous occupe.

« Quelquefois, on risque la confusion même quand l’orthographe devrait nous avertir. C’est ainsi que l’on peut rencontrer soit le mot policlinique écrit avec un i, soit polyclinique écrit avec un y. Avec un i, il renvoie au mot qui signifiait en grec « la cité » et qui a donné, par exemple, le mot politique ; il désigne alors une sorte d’annexe de l’hôpital organisée par l’État ; au contraire, écrit avec un y, il se rattache à la racine du mot grec polus et désigne une clinique apte à donner des soins divers et nombreux. Au premier moment, on croit à une faute d’orthographe ; mais, en fait, c’en serait une que de ne pas respecter cette nuance entre les deux termes, qui coexistent. »

HG

1. Jacqueline de Romilly. Dans le jardin des mots. Editions de Fallois, Paris 2007. 317 p.